Viva la réplicaciòn !!

Joyeuse révolution astrale (terre-soleil) à toutes et a tous !

Après être rentré dans notre -pas si glaciale pour la saison- région nord-est, commencé à préparer le déménagement du GsiLab, l’imminente inauguration des locaux d’Open Edge, et mille et une petite choses… ce soir je tenais à partager un petit point d’avancement dans la conception de mes RepRap (FoldaRap, Mondrian, KosselM), qui partagent toute un trait caractéristique : celui de remplacer les coûteux éléments de guidage linéaire par de simples pièces en plastique glissant directement sur les profilés en aluminium de la structure de la machine, de quoi faire d’une pierre six coup, simplefficace quoi.

Dans la poursuite de cette machine partiellement auto-réplicante, nous venons donc de progresser notablement, en intégrant au système minimal mentionné ci-dessus le fait de remplacer la courroie (PU+metal ou Neoprene+metal, bof pour le recyclage et une production majoritairement à l’autre bout du monde) par un pignon et une crémaillère fabriqués à l’aide de la même RepRap.
On me dit parfois encore que « ça ne va pas marcher », mais c’est d’autant plus un plaisir d’explorer ces voies 😛

Fini sournoises courroies, bonjour belles crémaillères !
Actuellement en test depuis quelques semaines sur ma fidèle FoldaRap #000, ce principe pourrait à nouveau se transposer sur les modèles conçu avec la même base, et ça c’est super pratique 🙂 (modularité powa).

Viva la réplicaciòn !!

(plein d’autres photos/vidéos à venir à mesure que je rattrape mes uploads)

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En plus on y intègre même un système d’ajustement maintenant.

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on enlève donc
1 poulie alu
1 courroie néoprene
2 roulement à billes
4 longues vis

on ajoute à la place
1 pignon PLA
1 crémaillère PLA
4 petites vis

bon par conséquent il faut recalibrer l’axe X mais ça ne change presque rien 🙂
(76.4 « pas par mm » au lieu de 80.4)

[édit] évidemment toutes les FoldaRaps peuvent être « mises à jour » vers cette nouvelle version, il suffit de changer des pièces imprimées et de remplacer quelques vis ^^

Open source is Permaculture

Finalement voici sans doute le nom du modèle qui englobe tout les sympathiques mouvements qu’on aime bien associer dans la grande Transition actuelle (dont AMAP+Sharing+3ème révolution industrielle, Do-it-yourself, open-source, Makers,…)

image trouvée via prise2terre et une rapide recherche sur « permaculture »

C’est une petite réflexion qui m’est venu ce matin en lisant le dernier Kaizen n°8 (très bon magazine en passant), et surtout son dossier sur la permaculture. L’article sur fr.wikipedia n’est d’ailleurs pas à jour car il ne désigne plus seulement une méthode d’agriculture permanente, mais de culture/société/civilisation permanente (où le centre Songhaï serait un prototype exemplaire à l’échelle d’un grand village en réseau avec d’autres centres similaires 1, 2).

Ça peut paraître évident une fois qu’on l’énonce, mais sur le coup je me suis dis « tient en effet ce sont des principes qui peuvent s’appliquer à bien d’autres secteur que celui de l’agriculture » : on partagera le même postulat que tout est lié et que le design c’est concevoir les relations entre les choses (cf).
De manière à ce que l’ensemble du système soit le plus efficace/agréable/durable/etc. où l’on cherche seulement à faire aussi bien que la Nature, sans devoir attendre pour autant des millions d’années d’itérations et de sélection naturelle.

Justement, si les principes de l’open-source sont en train de s’imposer c’est qu’ils vont dans le même sens et qu’ils constituent des systèmes hyper-efficients (et ils vont s’imposer partout, simplement car ce sont des principes faciles à comprendre, et où se croisent intérêt individuel/général, au risque de faire un peu de dichotomie c’est valable même du point de vue des « gros pourris capitalistes » qui vont indirectement se transformer en des entités un peu moins malfaisantes, ce qui ne serait pas plus mal, mieux vaut les faire muter, autrement ils chercheraient à résister à leur disparition coute que coute) :

Économe en ressource
Principe du moindre effort powa : « 80% des efforts sont fait au départ pour produire un premier système, 20% suffisent ensuite pour le maintenir et le faire évoluer ».

Si il y a une chose que l’on devrait utiliser avec parcimonie c’est le temps et notre énergie, qui nous limitent bien plus que n’importe qu’elle autre ressources (même le symbolique pétrole pourrait se reconstituer une fois nos organismes dégradés sur quelques milliers d’années).

Ça tombe bien tout est un remix de l’existant quelle idée alors de toujours tout ré-inventer ? (ou prétendre que l’on crée à partir de rien).

En partageant toute les connaissances produites sans en empêcher leurs utilisations par d’autres (bouh les brevets!) on construit et alimente un bien commun. Et en mutualisant tout nos efforts on dégage alors une somme considérable de temps/énergie (d’autant plus efficace quand catalysé autours d’un projet, comme pour la wikispeed).
Toute cette créativité va donner lieu à une multitude de propositions d’idées, d’itérations, qui à l’épreuve du public vont survivre et se diffuser (cf la théorie des mèmes) ou non (ce qui me fait dire qu’on retrouve un principe de sélection naturelle, accéléré par la vitesse des communications et Internet).

Je prendrais encore une fois le projet RepRap comme merveilleux exemple de tout cela. En ayant donné naissance à une quantité d’initiatives, de projets, d’entreprises, etc. uniquement du fait de partager des briques de connaissances que chacun peut ré-assembler à sa guise (quelqu’un me disait que c’était souvent propre à l’approche hacker que de voir le monde et les objets comme un ensemble de briques re-configurables, on garde ce qui est bien et nous intéresse, on change le reste).

J’ajouterais volontiers un point « collaboratif » mais en précisant que c’est de manière stygmergique (1,2), pas besoin de grande organisation hyper carré, chacun bosse dans son coin ou avec d’autres.
Dans ce gros chaos créatif le fait de tout partager permet de collaborer de manière indirecte et asymétrique, à la hauteur de ce que chacun peut/veut faire, tout le monde s’inspirant de tout le monde 😀

Résilient
Une idée partagée se multiplie (au lieu de se diviser).

C’est l’avantage de l’immatériel, on crée ainsi une abondance (qui va permettre de générer d’autres idées et faire une sélection) et par conséquent elle aura plus de chance de survivre, c’est aussi une manière simple de se protéger, il est plus difficile de couper une forêt qu’une brindille, voir même peut avoir l’effet inverse (cf).
(en restant dans le thème tout en divergeant un peu, j’aime bien terminer toutes mes présentations en racontant que si je consacre autant de temps aux tiers-lieux de fabrication (fablabs & co), déjà c’est parce que j’aime ça, mais aussi parce-qu’à long terme c’est simplement une question de survie: ils contribuent à augmenter la résiliences des communautés en nous rendant un peu plus autonome).

Il y en aurait sans doute d’autres à relever, mais ce sont ces deux principaux attraits je voyais dans l’open-source (ressources/résilience) qui me font maintenant dire que ce sont des manières de créer et partager qui s’inscrivent naturellement (huhu) dans une idée de permaculture.

Et il n’est pas bien difficile de s’y mettre, pas à pas, kaizen 😉

(on bascule pas dans l’open-source du jour au lendemain, ça se fait progressivement à force de s’en nourrir, « kaizen » étant justement une méthode de changement par petits pas)

FabLab Toulouse Conference 2012

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coucher de soleil depuis la médiathèque de Toulouse

Dans la série « mini-compte-rendu » (même si pas mal en retard cette fois) : il y a quelques semaines j’étais à la FabLab Toulouse Conference, et c’était super ! (encore mieux que l’édition précédente). Petit exercice de mémoire 😉


Vendredi

Je prenais la conf’ en cours de route (ça commençais Jeudi), à peine arrivé sur place dans les nouveaux locaux d’Artilect on m’a encouragé à déployer ma petite machine. A mon agréable surprise beaucoup de personnes avaient entendu parler de la FoldaRap 🙂

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La journée se terminait par une discussion entre Neil, quelqu’un d’Airbus et Jean-Louis Fréchin.

Quelques points parmi mes notes en vrac :

*les fablabs ce sont aussi des business model à inventer : « the PC all over again », avec l’arrivée des pc personnes ne se doutait que le soft et la recherche (web) allaient prendre l’ampleur qu’ils ont aujourd’hui -> quel sera l’équivalent pour les fablabs ? (Neil aime bien donner des petit challenges à l’assistance).

*les entreprise dans leurs beaux bureaux, c’est fini. Vive les projets et la collaboration ! (pas besoin de bureaux pour ça)

*Saclay = lol. Intéressant point de JL-Fréchin sur les clusters en France : un regroupement d’entreprises/labo/etc. certes, mais hors de la ville, des restau’, ciné, etc. qui forment pourtant le tissu social vivant -> le véritable cluster c’est une ville où les gens vivent. De plus avec l’avantage des réseaux on a pas besoin de se regrouper physiquement pour travailler : proche intellectuellement, distribués géographiquement.

*Fablabs are magnets for (odd=creatives) people that don’t fit in school/business (ça c’est bien vrai). Mais en même temps on est tous le « weirdos » de quelqu’un d’autre, la question c’est plutôt à quoi les gens sont doués, et comment prévenir leur exploitation par d’autres. Le phénomène de communauté aide pour cela (l’économie de la réputation encourageant les comportements vertueux).

*La menace des brevets VS la voie de l’open-source =simplement pas de secrets, mais il faut trouver d’autres façon de créer de la valeur (équilibre transparence/compensation). Personnellement, du moins à l’aune de ma petite expérience à essayer d’appliquer toutes ces belles idées d’open-source : on a plus à y gagner à tout partager.

*Un point de vue open-design par JLF : ouvrir tout ce qui peut-être sujet à amélioration, excepté ce qui fait la touche finale (sur le coup ça me fait penser à une licence « cc-by-nd » appliquée à la vision du designer pour son idée). Du coup on s’approche du meta-design.

*à la grande question de la « value » apportée par les FabLabs : bel exemple de Détroit, où un mélange de réinsertion sociale destinée au jeunes par le fait de leur apprendre à créer des trucs permet aussi de renouveler l’intérêt dans les sciences -> Sell the consequences ! (and the network). Ça me fait penser au rapport factory@home (qui disait comme première recommandation « ouvrez des fablabs dans toutes les écoles »).

*Avant on venait au MIT parce que les connaissances étaient rares (scarcity), maintenant on a Internet, ensuite c’était pour les gens (experts/profs/etc.), mais Internet aussi nous rapproche d’eux (on peut suivre les cours en ligne), le seul truc qui reste encore c’est les outils (mais ça c’est « in progress »).

Samedi

Couché tard pour préparer la présentation du lendemain matin…

(décidément, slideshare n’aime pas ma typo…)

Les autres étaient toute chouettes, je vous mettrais bien également la suite de mes notes en vrac mais comme elles ont été filmé ça sera sans doute plus clair de simplement les regarder. Parmi mes préférées :

Thanh Nghiem

Le coté gentil virus qui change le monde, forcément ça me parle 😉
*à noter, le puissant exemple du gène de la collaboration
*donner envie pas dire quoi faire
*les MOOC ça va sans doute être un truc énorme (quand on regarde combien les université sont en train d’y investir, /me se demande quand on rattrapera ce train là)

Le futur des fablabs et les petits défis de Neil :

*le replicator de Strak Trek, c’est juste une question de temps
*l’impression 3D et tout c’est bien, mais le coulage/moulage c’est pas mal aussi (+1)
*on observe que le recrutement se fait de plus en plus sur une base de compétences (skills) et non d’études, du coup en mélangeant l’auto-apprentissage façon open-edu et les fablabs ça donne une idée ce que pourrait être l’incarnation d’une nouvelle université globale (ça on le lisait déjà dans le dernier chapitre de Design for the Real World)

*Ce qui manque encore c’est une plate-forme pour relier making/business, de façon distribué.

*La question de la supply chain, c’est la principale différence entre les machines d’un fablab 10k€ et 1k€, en pratiques elles font quasiment la même chose mais les premières poseront moins de problème à obtenir (encore un défis à résoudre ici, clin d’œil pour moi qui tente de faire du distributed manufacturing).

Puis petite session discussion entre plusieurs orateurs, dont je retiens ces deux points de Peter :
*too fast, ça évolue tellement vite qu’il faudrait déjà qu’on pense aux implications des futurs fablabs mais on aura à peine le temps qu’ils seront déjà là
*Resilience, bref on fabrique le futur ou du moins une partie de l’histoire.

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La FoldaRap #000 signée par Neil Gershenfeld, classe 😉

Dimanche

Journée à la médiathèque !
Imprimante 3D pliante - Toulouse Numérique - Novela 2012

Encore une fois les présentations étaient supers, et j’ai particulièrement aimé celle de Thomas du FabLab de Barcelone qui est revenu encore une fois sur l’idée de FabCity qui semble bien se développer avec le soutient de la ville, mais en annonçant de grand projets pour tout ces futur petit fablabs :

*FabCity = Product In / Trash Out -> Data In / Data Out
*Le mouvement prend de l’empleur, après la phase technocentrée on commence à faire des trucs très sérieux : wikispeed, open-source-ecology, etc.


Comme d’habitude, l’album est sur flickr : http://flic.kr/s/aHsjCyJRzi

Et un petit pearltree pour collecter les liens, il y a déjà plusieurs vidéos des présentations à voir sur youtube et le site de Labsud 😀

Labs présents dans FabLab Toulouse Conférence 2012 / FabLabs / Emmanuel Gilloz (watsdesign) Bref, quand il faudra organiser les prochaines, ça va pas être facile de perpétuer le niveau 😉