De l’origine des inégalités

(Avec un morceau du groupe « Les sales majestés » en bande-son ? ^^)

Il y a quelques années de ça j’avais trouvé éclairant le propos de Franck Lepage : dans une conférence gesticulée il analysait le choix des mots suggérés par certains groupes de réflexion pour faire passer un concept en douceur ou en tout cas en orienter sa perception. Dans les exemples qui me reviennent il y a « vidéo-protection » plutôt que « vidéo-surveillance » (on est difficilement contre la protection quand la surveillance ça se discute), « défavorisé » plutôt que « exploité » (le premier n’a pas de chance quand le second induit un exploiteur), ou encore une des missions de l’Organisation des Nations Unis « réduction de la pauvreté » au lieu de « réduction des inégalités »… dans un cas on élève le niveau minimum alors que dans le second on réduit l’écart entre le haut et le bas, ce qui n’implique pas du tout les mêmes mesures.

Mais d’où viennent les inégalités ? Sur quels principes peut-on remonter à l’origine ?
Dans « La survie de l’espèce » de Paul Jaurion et Gregory Makles, que j’avais pu lire peu après, la forme de la bande dessinée permet d’aborder le sujet de manière humoristique tout en restant sérieux : l’inégalité apparaît à partir du moment où une brute contraint un autre à sa volonté, s’appropriant son travail. Mais le vrai problème est qu’avec le temps le surplus du travail des autres s’accumule par héritage, accroissant de manière exponentielle l’inégalité (augmentation de la population et concentration des richesses).

Je repensais à tout ça car l’émission « Sur les épaules de Darwin » de ces dernières semaines approfondit justement peu à peu l’origine des inégalités dans les différentes sociétés, et c’est fascinant (comme souvent).

https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-20-janvier-2018

https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-27-janvier-2018

https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-03-fevrier-2018

https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-10-fevrier-2018

En bref, quand la société se sédentarise la possession de troupeaux et de terrains se transmettant de générations en générations introduit un mécanisme d’accumulation créant de l’inégalité, seule l’introduction de mécanismes de redistribution permet de la compenser. Ce qui est intéressant c’est qu’en moyenne dans les différentes civilisations l’inégalité semble atteindre un pic 3000 ans après la domestication des cultures puis se réduit un peu. Des études sont citées dans lesquelles différentes sociétés (dans le temps et l’espace) sont comparées sur la base de la taille des restes d’habitations retrouvées, qui devient ainsi un indice d’inégalité.
On peut espérer suivre le même chemin que d’autres société, et que l’indice s’améliore, ou en tout cas œuvrer avec raison pour réduire la grande disparité de notre époque.


Tout ça méritait une petite compilation 🙂

FoldaRap 3 / en cours

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La nouvelle version de la FoldaRap progresse bien, avec enfin un mécanisme de pliage/dépliage instantané 😉
(disons 2 secondes quand il fallait 5 minutes avant)

Et comme expliqué dans le post précédent, j’en profite pour expérimenter un autre modèle économique (que la vente de matériel) dont la démarche est la suivante :

  • micro-mécénat récurrent via LiberaPay
  • pour soutenir le développement, le partage de connaissances, la documentation (de ce projet et d’autres)
  • libre-hardware : vous avez la recette, à vous de trouver les ingrédients, et/ou passer par des vendeurs de matériels identifiés (auxquels je proposerais naturellement de soutenir également le projet)

Quand pensez-vous ?

(en tout cas ça me semble plus léger/efficace comme principe d’organisation)

Et pour terminer sur une information agenda, vous pourrez me retrouver accompagné de ma fidèle machine :

  • Septembre, du 15 au 17 à l’espace numérique de la Fête de l’Humanité (à moins que je ne me promène avec sur les autres stands ^^)
  • Septembre, du 26 au 28 chez Ping/Plateforme-C à Nantes
  • Octobre, 21-22, pour le Festival-D à Anger
  • Novembre (le 18 ?), au Bocal à Chemillé (on devrait y organiser un rassemblement des FoldaRaps locales)

Modèle économique / Biens communs / Micro-dons

Que deviennent les grands aspects de l’apprentissage, du travail, ou des loisirs, à mesure que la société se transforme ? C’est une question récurrente.
Comme vous avez pu le voir ici je ne peux m’empêcher de théoriser mes activités, mais je suis aussi de nature à vouloir éprouver à mon échelle, par curiosité expérimentale, les nouveaux modèles qui semblent émerger en réponse à cette question 🙂

En 2011 j’avais eu l’opportunité de pouvoir consacrer une partie de mon stage de master à ces réflexions, qu’on retrouve dans ce mémoire (le relire 6 ans plus tard me fait dire qu’on ne s’en est pas trop éloigné, les pratiques décrites sont même en bonne voie de diffusion).

Avec notamment la problématique suivante qui reste d’actualité : quand les créations sont partagées librement pour contribuer aux biens communs, quels modèles économiques peuvent l’accompagner ? A l’époque je voyais deux hypothèses : un revenu de base et/ou des micro-dons récurrents, par exemple via l’outil Flattr (page 25).

Suite à ce stage et à l’ouverture du FabLab au sein de l’ENSGSI à Nancy, mon modèle économique personnel est devenu très simple : il fallait quelqu’un pour s’occuper de cet espace, j’ai donc commencé avec mon statut d’auto-entrepreneur et continué en CDD. J’ai essayé de résumer ça dans le tableau suivant, au départ les revenus perso financent les dépensent perso ainsi que les projets, par la suite avec le crowdfunding les projets s’auto-financent et contribuent à mes dépensent perso. Au point de transmettre mon poste au FabLab et continuer l’aventure de la création d’entreprise.

Après avoir testé la vente de matériel (modèle « immédiat » dans l’open-hardware, les gens étant plus facilement enclins à acheter du matériel que de l’immatériel), le crowdfunding et l’entreprise classique (mais en y étant bénévole, j’ai investi toute mes ressources) je voudrais re-expérimenter une stratégie en partie basée sur le don, le temps ayant permis à d’autres plate-formes de voir le jour et à cette pratique de bien se développer 🙂

Flattr ?
Il n’a pas eu un très gros succès, voir presque disparu des radars ?
En mai, je reçoit une newsletters annonçant son prochain retour, l’équipe de Flattr rejoignant Eyeo (AdBlockPlus).

Gittip/Gratipay ?
Au détour d’un événement en 2013 Simon me faisait découvrir Gittip qui allait encore plus loin dans le concept et la cohérence du libre, ça avait l’air génial (mais j’étais déjà bien occupé). Malheureusement cet outil a dévié de son origine et ne semble plus un choix très intéressant.

Aujourd’hui la tendance est aux Patreon/Tipeee. Et ça semble même bien marcher.
D’après leur conditions, l’original premier serait mieux que la seconde copie (5-10% de frais au lieu de 9-23%). Mais ça reste des intermédiaires, un don direct est plus efficace.
En cherchant si d’autres ont déjà poussé la comparaison je découvre dans cet article Beacon, orienté journalisme mais avec une très intéressante mutualisation (70% pour le créateur 30% pour la plate-forme et les autres projets, liant de fait le succès des créateurs ensemble).

Et finalement, au détour d’un billet de @Ploum, je découvre un petit nouveau prometteur que je m’en vais essayer : LiberaPay. Une plate-forme libre financé via… LiberaPay. Développée par un ancien de Gratipay qui souhaitait créer une alternative.
L’auteur de Pepper&Carrot y a créé une page (une super bande dessiné qu’on m’a récemment fait découvrir), très belle expérience libre également.

Et voici la mienne : https://liberapay.com/EmmanuelG/ 😀
J’ai commencé par rajouter le petit bouton qui va bien en haut à droite, et par la suite ça me permettra de dire à la fin d’un tuto par exemple « si vous appréciez mes travaux, considérer un micro-soutient ». En tout cas je pense que ce type de fonctionnement est plus intéressant que d’imaginer refaire une campagne de financement participative (dans l’idée de rester le plus agile possible et plutôt s’arrêter à la création de recettes facilement réplicables qu’à la fournitures de kits).

Sinon dans la même veine de ce recentrage de cohérence je viens de rejoindre Mastodon (Twitter version libre) 😉