RepRap // Production des dernières semaines

Bon, jusqu’ici j’ai pu imprimer une vingtaine de pièce pour un premier kit reprap, quelques autres trucs et beaucoup de chutes (que je garde pour quand on aura une recycleuse afin d’en refaire du fil^^)

base v6 pour un adrian extruder et pièces diverses

Au tout début j’avais des problèmes de positionnements (calibration), par la suite d’adhérence (impression sur papier de verre, retour au kapton), et finalement les derniers problèmes que j’ai eu étaient au niveau de la température.

Curieusement au bout d’un moment il arrivait que la résistance arrête de chauffer, la température chutant le fil ne sort plus et pendant ce temps le boulon qui l’entraîne l’use en l’agrippant.

Ces dernières semaines j’ai donc refait le câblage plusieurs fois et avec le dernier montage j’ai peut-être une idée de l’origine du problème.
J’ai cru d’abord qu’il s’agissait d’un faux contact, à force de chauffer la résistance brûle son isolation et pourrait faire contact sur la tête en cuivre.
Du coup j’ai mis peu de kapton autour de la tête, mais dans l’avant-dernier montage on voyait que la résistance était chauffée au rouge, avait explosé l’isolation mais marchait quand même un peu.

Et puis pour le dernier montage j’ai essayé l’inverse, en blindant le montage d’une bonne épaisseur de kapton, résultat : ça marche du tonnerre.
Hypothèse : peut-être que les couches de kapton permettent de mieux contenir la chaleur, si la tête se refroidit moins il y a moins de risque de surchauffe à tenter de la maintenir à température constante.
Ayant l’impression qu’à chaque premier démarrage la résistance brûlait l’isolation et le kapton.

Dans le doute j’effectue le préchauffage en palier progressif à présent, et j’imprime non plus à 200°C mais à 170-180°C… depuis l’extrudeur est toujours en état « neuf » et fonctionne de manière fiable pendant plusieurs heures continues 🙂

Néanmoins ça m’a décidé à commander un bloc de chauffe en alu, qu’il suffit de visser sur la nouvelle version de l’extrudeur. Comme c’est le même filetage/diamètre je pourrai l’utiliser sur mon ancien et le réutiliser le jour ou je l’upgrade (hop commencé à imprimé les pièces pour un extrudeur type Adrian).

une sorte de carte de visite « planetary gear »

Plus qu’à s’attaquer un jour à Skeinforge (un autre logiciel pour générer un parcours d’impression à partir d’un fichier 3D, plus compliqué à utiliser que RepSnapper mais aux résultats hallucinants), et là on pourrait même imprimer la Lune 😉

Zeitgeist : Moving Forward

Après deux précédents opus, Moving Forward est donc le 3ème de cette série de films réalisés par Peter Joseph. Tout juste sortis cette semaine à travers le monde et avec déjà presque 1 millions de vues.
Si vous ne les connaissez pas encore, la citation d’introduction de ce dernier en résume bien le principe :

In a decaying society, art, if it is truthful, must also reflect decay.
And unless it want to break faith with its social function, art must show world as changeable. And help to change it.

-Ernst Fischer

Autrement dit : « Dans une société décadente, l’Art, si il est véritable, doit aussi refléter ce déclin. Et à moins qu’il ne veuille briser la foi dans sa fonction sociale, l’Art doit montrer le monde comme ouvert au changement. Et aider à le changer ».


(des sous-titres sont disponible pour de nombreuses langues)

Ayant abouti quasiment aux même conclusions, et puisque je pourrais difficilement faire aussi court, voici plutôt d’autres sources qui me sont venu à l’esprit pour alimenter le sujet :

I] Nature-culture
Quand le Dr. Gabor Maté parle des sociétés, parfois individualistes ou collectiviste, il fait peut-être références aux travaux de Hofstede qui a justement étudié la « culture » de nombreux pays : http://geert-hofstede.com/

II] Nature humaine
Le point sur la pathologie sociale m’a rapidement fait pensé à ce que la ponérologie peut nous apprendre : http://watsdesign.blogspot.com/2010/10/ponerologie.html

III] Le Projet Terre
Si vous aussi avez eu l’occasion de jouer à des jeux de gestion de civilisation (sim-city ou autre)… vient forcément à un moment la question « quelle serait la solution idéale ? » Cette partie du film propose justement une approche systémique global : une économie basée sur les ressources (qui apparaît comme du bon sens).

Dans cette partie on voit notamment Adrian Bowyer présenter la reprap ^^ La fabrication additive étant une solution intéressante au niveau de la production.

IV] S’élever
Pour cette dernière partie on pourrait renvoyer à de nombreux travaux d’épistémologie, étant question de la méthode scientifique et en quoi son application sociale pourrait former le prochain paradigme.

Au final ce documentaire aborde des points mieux connus aujourd’hui, comparé aux sujets des deux premiers film mais il reste une très bonne explication de l’état actuel, et de l’inévitable transition qui est en train de se jouer à l’échelle de la planète.
Car quand on prend conscience de tout ceci, on ne peut pas ne pas agir.

The Blue Economy // Cas 37 : Peinture Isolante

Depuis bientôt un an, The Blue Economy (cf précédent post) présente quasiment chaque semaine une innovation tirée du livre du même nom.
L’objectif étant de créer 100 millions d’emplois avec ces 100 innovations, en 10 ans (pas mal hein?).

pot
pot en terre cuite (cc) tassleflower

Celles-ci sont généralement inspirée de la nature ou de principes physiques, avec souvent un coté « mince on aurait du le faire depuis longtemps »…

Vers décembre, un cas particulièrement intéressant était présenté : celui d’une peinture isolante qui était utilisée jusqu’ici pour l’isolation des fusée par la JAXA (ou Japanese Aerospacial eXploration Agency).

Un truc balaise quoi. Et pourtant assez simple vous allez voir.

J’allais proposer de faire une traduction de la fiche concernée (http://www.community.blueeconomy.de/m/news/view/Insulation-Paint), mais ça tombe bien en contactant le ZERI ils m’ont dit que la version française avait été récemment terminée. Du coup la voilà ci-dessous :

Cas n° 37

La peinture isolante

Le marché
En 2009, le marché mondial des matériaux d’isolation a atteint un peu moins de 37 milliards de dollars. La demande devrait progresser chaque année de 4,6% jusqu’en 2014. Le marché chinois a la plus forte progression de tous les pays avec une croissance des ventes annuelles de 8,2%, atteignant en 2010, 24 milliards de yuans, soit 3,6 milliards de dollars. Le marché américain  continue d’augmenter avec une solide croissance de 7,4%, représentant 7,1 milliards de ventes pour la même année. Le marché européen, qui avait déjà beaucoup investi dans l’isolation grâce aux programmes gouvernementaux d’incitation fiscale de ces dernières décennies, est plutôt atone.

Les deux produits d’isolation leaders sur le marché, la mousse synthétique et la fibre de verre, représentent 75% des ventes dans le monde entier. Cependant, la croissance la plus rapide en nouveaux produits est celle de l’isolation obtenue à base de cellulose. De nombreuses start-up, comme Termoträ en Suède, ont débuté il y a 20 ans en recyclant les déchets de cellulose de l’industrie de la pâte à papier, en transformant les fibres courtes, dont la taille se situe en dessous du minimum requis pour la fabrication du papier, en isolant naturel, sec et facile à mettre en œuvre. Alors que le coût de la matière, de la production de l’isolant est toujours le principal facteur déterminant sa compétitivité sur le marché, in fine, le prix est déterminé par le coût de sa mise en œuvre. L’industrie investit pour réduire la main-d’œuvre, en développant le choix de l’isolant en préfabriqué.
La valeur d’isolation des matériaux est extrêmement variable. La résistance thermique est mesurée par R, valeur égale à l’épaisseur du matériau et divisée par sa conductivité. L’isolant le plus efficace sur le marché est le Barrier Ultra R, produit par Glacier Bay, avec un R égal à 50, soit dix fois la valeur d’isolation de la mousse polyuréthane. Il est constitué d’aérogel qui est un gel dont le liquide a été remplacé par un gaz. En fait, la performance est si bien établie et convaincante, que les fabricants offrent une garantie complète de 25 ans.

L’innovation
La recherche de nouveaux matériaux d’isolation, sains et durables, a récemment débouché sur de nombreuses innovations sur le marché. Comme la fibre de verre favorise la prolifération de moisissures, et que la mousse  pulvérisée peut générer des dégagements chimiques gazeux pendant des années, la recherche de nouveaux matériaux a même conduit à recycler des jeans en denim comme isolant sur le marché. Les fibres de coton obtenues à partir de vieux jeans sont aussi efficaces que la fibre de verre. Les produits retardants le feu, utilisés comme isolants (voir Cas N°16), sont une composante essentielle dans le développement de l’industrie orientée vers la santé et la durabilité.
Cependant, le défi majeur auquel sont confrontés les matériaux d’isolation de tous types, réside dans leur encombrement. Le matériel impose d’avoir beaucoup de place, ce qui en limite la mise en œuvre.

Tatsujiro Ishiko, Président de Nissin Sangyo Corporation, observa le  développement des matériaux isolants très performants, à base de silice (céramique), par l’Agence Japonaise d’Exploration Spatiale (JAXA), l’équivalent de la NASA aux États-Unis. Les scientifiques réalisèrent un mélange composé à 80% de billes de silice de différentes formes, de la taille du micron, et pour 20% de peinture usuelle; en les faisant flotter en apesanteur, ils créèrent, depuis l’espace, une innovation pour un coût, travail et matériel, compétitif. En peignant l’intérieur et également l’extérieur avec des «billes de peinture», on améliore l’isolation. La couche extérieure reflète la chaleur solaire, et la couche intérieure empêche la perte d’air frais de la climatisation. Et l’inverse se produit en hiver: les billes de silice déposées par la peinture empêchent à la fois le froid d’entrer et, en même temps, une déperdition de chaleur vers l’extérieur. Ishiko-san mit la technologie sous licence pour la commercialiser en dehors de l’industrie aérospatiale de la JAXA et créa la marque Gaina.
Ishiko-san a remarqué que l’air frais de la climatisation crée rapidement une paroi froide sur toute la partie intérieure peinte; grâce à cela, la température ressentie, calculée comme moyenne entre la température de la paroi et celle de l’air, se trouve améliorée. Nous oublions souvent que l’énergie consommée est principalement due à l’échange de chaleur ou de fraîcheur avec les murs. Si la température sensorielle pouvait chuter d’un degré en été, ou s’élever d’un degré en hiver, alors, selon la recherche scientifique de la Société Tokyo Electric Power (TEPCO), cet écart de température de 1° représenterait un gain de 10% en énergie. Cette innovation, à base de physique élémentaire, permet d’utiliser la peinture comme matériau isolant, facile à appliquer et transformé en produit multifonctionnel. C’est l’un des principes fondamentaux de L’Economie Bleue.

Premier marché
La première application couronnée de succès concerne le logement et l’industrie du bâtiment. Cette double enveloppe permet d’économiser 30% d’énergie en été et 20% en hiver, en supprimant de facto le recours aux matériaux d’isolation. Pour cela, il suffit de choisir le type de peinture approprié. Alors que la peinture, élaborée au début au Japon, revenait plus chère que la peinture standard du marché, une nouvelle unité de production, prête à entrer en service, va réduire les coûts de production tout en offrant un net avantage aux propriétaires qui renforceront l’isolation de leur habitation en la repeignant.

L’opportunité
L’une des avancées de cette innovation est qu’une mince couche de peinture appliquée au pinceau ou au pistolet rivalise avec des centimètres de matériau isolant. Cela ouvre de nombreuses possibilités d’économies d’énergie dans les secteurs contraints par leur espace. Les plus grandes compagnies maritimes appliquent cette peinture innovante pour les ponts des navires. Depuis que les billes sont en silice, elle devient résistante aux rayons ultraviolets (UV) ce qui renforce l’efficacité, à la fois de la peinture et de l’isolation. Le rendement énergétique des voitures et des autobus est amélioré grâce à l’application de GAINA©, la nouvelle marque de peinture d’isolation, en réduisant  l’accumulation de chaleur en été. Peut-être, les plus grandes économies sont-elles réalisées par les conteneurs et les camions frigorifiques. La répartition immédiate de la chaleur ou du froid à travers la couche de minuscules billes, empêche également la condensation, principale cause de développement des moisissures. Le Temple Todaiji, l’un des prestigieux sites du Japon, reconnu au patrimoine mondial par l’UNESCO, applique la peinture pour économiser l’énergie et protéger ses trésors des moisissures.

Alors que la durabilité a été démontrée jusqu’à dix ans, l’arrivée de produits multifonctionnels permettant d’économiser l’énergie, résistant aux UV,  empêchant la rosée, isolant du bruit et absorbant les odeurs, en fait un produit compétitif. Après tout, nous ne devons pas oublier que ce revêtement à base d’eau est aussi une peinture, dont les 52 couleurs différentes permettent d’égayer notre cadre de vie. Cet éventail d’avantages multiples crée une nouvelle opportunité pour les entrepreneurs qui cherchent à devenir leaders du marché dans l’industrie de la peinture et de l’isolation. L’accès à ces marchés permet désormais aux entrepreneurs de devenir d’un seul coup des leaders industriels sur les deux marchés. David ne peut pas seulement se contenter de défier Goliath, il peut s’attaquer à deux Goliath simultanément. Une  opportunité qui n’est pas souvent viable dans une économie de marché pour les entrepreneurs en herbe.

Traduction française : Xavier Jacquemart
Images : StockXCHNG

Pour en savoir plus : www.zeri.org ou www.blueeconomy.de

Le site du fabricant Japonais : http://gainaus.com/
Un site moche mais avec plein de graphiques : http://www.sistacoat.es/menu-e/docs/gainaPresentation.htm (montrant par exemple que d’un point de vue conduction de la chaleur le polystyrène est à 0,05 et cette peinture 0,03)
Un dernier ou j’ai finalement pu trouver un prix (http://en.item.rakuten.com/tsukasa-giken/casbee-01/) à 26€ l’échantillon de 1L (soit 2m²) ça fait fait 13€ du m², alors imaginez pour un saut de 20L.

edit : après petite vérification, je trouve de l’isolant classique pour 25-70 € du m² (et 100mm d’épais) ça semble donc correct. Mais là ça prend juste un coup de pinceau et pas de place surtout (0,8mm).


Pourquoi je post ça ?

Parce que ces initiatives sont trop peu remarqués, qu’on parle beaucoup d’isolation et des problèmes que ça pose, quand avec cette technologie ça serait tout à coup assez simple.

Et puis les autres cas valent également le coup d’œil ^^